• La dernière conférence

      

     

  • 1.- Tu ne t’engageras point dans une association, ni n’en créeras une dans le but de parvenir, de conquérir le pouvoir en son sein, ou de t’en servir comme marche-pied en vue de le conquérir ailleurs ; mais dans celui de servir, de promouvoir la solidarité et la cohésion sociale, de donner la parole à ceux qui ne l’ont pas, d’enrichir le débat public et la compréhension qu’ont les décideurs et l’opinion de l’intérêt général. 

    2.- Tu ne t’engageras point dans une association, ni n’en créeras une pour défendre des privilèges, ou des droits acquis que ne justifient plus les mérites de ceux auxquels ils ont été reconnus ; tu n’en créeras pas davantage en vue de cultiver, entre pairs, des satisfactions autarciques ; ni pour alimenter, à l’encontre de quelque personne ou groupe que ce soit, la vindicte publique.

    3.- Tu ne feras jamais en sorte, ni ne toléreras, qu’une association dont tu es membre  aliène son indépendance en prêtant hommage à un homme politique, serait-il issu de ses rangs ; à un parti, partagerait-il l’essentiel de ses convictions et de ses buts ; à une collectivité publique, lui fournirait-elle l’essentiel de ses ressources ; tu ne mépriseras, ni ne dénonceras,  en revanche, par principe, pas plus que tu ne leur manifesteras un excès de révérence, les élus et les fonctionnaires. 

    4.- Tu ne porteras jamais la parole, à l’occasion d’une assemblée générale, d’un conseil d’administration, d’un bureau d’association, autrement que selon tes propres convictions, librement formées, et refuseras que quiconque, homme ou faction, au sein de l’association ou de l’extérieur, te dicte ta position, ou ton vote.

    5.- Tu ne rédigeras point les statuts d’une association, ni ne toléreras qu’ils soient rédigés de façon obscure, ou dans le but de faire obstacle à l’exercice par les adhérents, les donateurs privés, ou les bailleurs de fonds publics, de leur droit de contrôle de l’activité de l’association, et de l’emploi des fonds qu’elle manie ; tu ne feras pas davantage obstacle ou ne toléreras qu’il soit fait obstacle, par quelque procédé que ce soit, à l’exercice de ce droit. 

    6.- Tu ne tiendras aucune association, quelque part que tu aies prise à sa création, à sa prospérité, ou à ce qu’elle conquière une audience, pour ta chose ou celle d’un groupe constitué autour de toi ; tu ne requerras ou n’accepteras jamais, pour l’activité que tu déploies ou les frais que tu exposes, d’indemnisation indue ou excessive ; tu ne chercheras jamais à te pérenniser dans les mandats qui t’ont été confiés. 

    7.- Quelque but que poursuive l’association dont tu es membre ou que tu animes, tu n’imposeras pas aux collaborateurs salariés auxquels elle fait appel, au nom d’un engagement militant qu’ils ne sont tenus de partager que dans certaines limites, des sujétions hors de proportions avec leur statut ; tu exigeras, en revanche, d’eux, comme de toi et de tes pairs, une disponibilité sans faille à l’égard des usagers dont l’association s’est donnée pour but de satisfaire les besoins.

    8.- Tu veilleras à ne point nourrir, à l’égard des groupements dont l’objet social est parent de celui des associations dont tu es membre, une animosité qui fasse tort aux causes que vous défendez en commun, serait-ce sur des fondements philosophiques et selon des procédés différents. 

    9.- Tu ne tenteras point de faire obstacle, par quelque procédé que ce soit, quand bien même les associations dont tu es membre pourraient en redouter la concurrence, à la naissance ou au développement d’autres associations capables de satisfaire des besoins que tu ne peux satisfaire, ou de mobiliser des énergies que tu ne peux mobiliser.

    10.- Tu ne maintiendras pas artificiellement en vie une association dont l’objet social a cessé d’être pertinent, ou dont les forces se sont épuisées ; tu t’interdiras de solliciter dans ce but la générosité privée ou les concours publics.

     

    Document proposé par Jean-Michel Belorgey en prolongement de sa conférence à Juvisy le 2 avril 2019 pour Ouvrir le Débat.


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  • Isabelle JARJAILLE, Journaliste indépendante ( Médiacités, Ouest-France, la Gazette des communes…), auteur de « Services publics délégués au privé : à qui profite le deal ? » (éd. Yves Michel, 2018) interviendra sur le thème : 

    SERVICES PUBLICS, GESTION ET FINANCEMENT. Le recours au privé…jusqu’où ? à quel prix ?

    Eau potable, ordures ménagères, transports urbains…depuis des années en de nombreux lieux, des collectivités locales ne gèrent plus directement ces services publics mais les délèguent à des entreprises privées. Mais ces dernières années, ce mouvement de « privatisation » aux multiples formes (délégation de service public, partenariat public- privé, privatisation au sens strict…) s’étend et séduit l’Etat lui-même. Le nombre de secteurs touchés s’accroît :  dans la santé ( l’hôpital francilien de Corbeil-Evry),  les transports (gestion des autoroutes ; aéroports), le stationnement … et même le secteur régalien  (construction de prisons).  

    Comment s’explique un tel mouvement qui semble ne pas devoir s’arrêter ? Victoire de l’idéologie néo-libérale déterminée à réduire au minimum le rôle de l’Etat ? Moyens de faire des économies immédiates (réduction du nombre de fonctionnaires, investissements confiés au privé) à l’heure des déficits publics ? Souci de performance et d’efficacité que n’aurait pas les services publics et ses agents ?

    Quelles en sont les conséquences ? Les « services publics » sont-ils concrètement mieux assurés par le « privé » et toujours accessibles à tous ? L’usager, devenu souvent le client, y trouve-t-il son compte, y compris financièrement ? Si l’Etat et les divers pouvoirs publics locaux n’ont jamais tout fait par eux-mêmes- et c’est tant mieux-, est-il  toutefois pensable et souhaitable qu’ils soient réduits à définir des règles et en contrôler l’application ? N’y-a-t-il pas des domaines où ils doivent demeurer des acteurs directs pour des raisons stratégiques ou des impératifs de cohésion sociale ?  Isabelle Jarjaille qui s’ intéresse depuis des années à toutes ces questions nous aidera à y répondre.

    Mardi 16 avril 2019 à 20 h 30

    Salle des Travées, Rue du Dr.Vinot (près de la caserne des pompiers), Juvisy-sur-Orge

    Association « Ouvrir le débat »   tél : 06 72 84 60 93, Blog :http://old.eklablog.com

    Entrée libre

    N'hésitez pas à utiliser la partie "commentaires" sous cet article pour poser des questions : elles seront transmises à l'intervenante


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  • Jean-Michel Belorgey, Conseiller d’État honoraire, auteur de « Cent ans de vie associative » (Presses de Sciences Po), interviendra sur le thème :

    "LES ASSOCIATIONS au cœur   de la vie collective." 

    Imagine-t-on un instant la France sans associations ? En 1960, on en compte  450000 , aujourd’hui   1, 4 million  . Ces centaines de milliers d’associations loi 1901 se différencient par  la taille ; ont recours en des proportions diverses au bénévolat  (entre 14 et 16 millions de bénévoles), au salariat ( 1,8 millions d’emplois salariés) ; oeuvrent au quotidien dans de multiples domaines ( l’éducation, la culture populaire, les sports, l’entraide, la solidarité , l’humanitaire,  l’action sanitaire et sociale, la défense des libertés, le patrimoine, l’environnement…), certaines relevant de l’ESS ( l’Économie Sociale et Solidaire définie par la loi du 31 juillet 2014).  Essentielles à la vie du pays et de chacune de nos villes, elles ont une véritable utilité sociale et contribuent au plus près du terrain à l’animation démocratique de la cité. Mais que deviendront les associations à but non lucratif  à l’heure du « tout marché », de l’emprise du management obsédé par l’évaluation et la rentabilité, de la pratique en expansion des procédures d’appels d’offres et de  mise en concurrence,  d’une tendance à la professionnalisation aux dépens parfois de l’esprit militant,  d’un  retrait des pouvoirs publics plus avares de financements… ? Comment les associations doivent-elles évoluer, tout en préservant leurs spécificités, pour continuer d’animer et renouveler  la  vie collective ? Comment L’État et les collectivités locales peuvent-ils les soutenir sans les annexer ?  Jean-Michel Belorgey, conseiller d’État honoraire, ancien député, considéré comme le père du RMI,  qui connait de l’intérieur les arcanes de l’État et le monde associatif  nous  livrera son point de vue. 

    Mardi 2 avril  2019 à 20 h 30

    Salle des Travées, Rue du Dr.Vinot (près de la caserne des pompiers), Juvisy-sur-Orge

    Association « Ouvrir le débat »   tél : 06 72 84 60 93                                      

    Blog : http://old.eklablog.com                                                                     

    Entrée libre


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  • GILLES DOWEK, Professeur à l’École Normale Supérieure Paris-Saclay, chercheur à l’Inria (Institut National de Recherche en Informatique et en Automatique), auteur de « Le temps des algorithmes » ( Le Pommier,  2018 interviendra sur le thème :  

    Les algorithmes sont partout. Ils fascinent. Ils inquiètent…

    Si par « algorithme » nous entendons « un procédé qui permet de résoudre un problème sans avoir besoin d’inventer une solution à chaque fois », nous utilisons des algorithmes depuis longtemps tous les jours sans le savoir. Mais aujourd’hui on a changé d’échelle . Les algorithmes d’une puissance sans précédent, grâce au développement  des ordinateurs, sont  en mesure d’opérer à la vitesse de la lumière des opérations et des  calculs dont nous sommes incapables, à partir de gigantesques masses de données accumulées (les « big data »). Ils  interviennent dans toutes les activités humaines, les plus concrètes comme les plus intellectuelles. Ils sont partout. Ils transforment les sciences, les techniques, l’industrie, la société…la vie quotidienne. Ils bouleversent les manières de penser, les notions de travail, de propriété, de gouvernement, de vie privée…voire d’humanité. Face à ces innovations, nous oscillons entre la fascination et l’inquiétude. Certains mêmes considèrent le règne des algorithmes comme la source de tous nos maux  et s’interrogent entre autres sur l’avenir de la liberté et des libertés. Au temps des algorithmes, la liberté de choisir est-elle encore possible ?

    Gilles Dowek est pour sa part convaincu qu’une meilleure connaissance de ce que sont et ne sont pas , de ce que peuvent et ne peuvent pas les algorithmes peut dissiper les fantasmes et faire tomber les angoisses. « Ces inventions rendent possibles le monde meilleur auquel nous aspirons, comme le monde cauchemardesque que nous redoutons », écrit-il.

    Mardi 11 décembre 2018 à 20 h 30

    Salle des Travées, Rue du Dr.Vinot (près de la caserne des pompiers), Juvisy-sur-Orge

    Entrée libre 


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